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L'histoire de la longue captivité et des aventures de Thomas Pellow dans le sud de la Barbarie [v.1743]

Traduction et notes de M.Morsy, présentation de Denise Brahimi

2008
Moulay Ismael

Moulay Ismaïl, roi du Maroc (John Windus: Reise nach Mequinetz[…] Anno 1721…, Hannover: Förster, 1726

Titre complet :

L’histoire de la longue captivité et des aventures de Thomas Pellow dans le sud de la Barbarie,

avec le récit de sa capture à l’âge de onze ans par deux corsaires de Salé et de son voyage à Mequinez, des aventures variées qu’il connut pendant les vingt-trois ans de son séjour dans ce pays, de sa fuite et de son retour au pays natal;

auxquels ont été joints

un portrait circonstancié des Maures, de leurs moeurs et coutumes, de leurs Empereurs tyranniques et cruels, ainsi qu’une relation des grandes révolutions et guerres sanglantes qui ont eu lieu dans les royaumes de Fez et de Maroc entre 1720 et 1736;

ainsi qu’une description des cités, villes et édifices publics de ces royaumes, des souffrances des esclaves chrétiens et maints autres détails curieux.

Ecrite par lui-même

s.d. [v. 1743-45], R. Goadby, à Sherbourne (Angleterre)

Dans le vaste ensemble de la littérature barbaresque, le récit fait par l’Anglais Thomas Pellow de sa captivité au Maroc pendant la première moitié du XVIIIe siècle apparaît, à côté de celles publiées par Le Petit Mercure, comme l’un des exemples les plus réussis en même temps que les plus signifiants de l’intégration d’un écrit d’expérience autobiographique riche et complexe dans un genre littéraire, celui du récit de captivité en Barbarie, illustré à la même période par les relations de Moüette, de Pidou de Saint Olon et de Dominique Busnot, récemment rééditées (Petit Mercure, 2002).

L’auteur, qui fut captif pendant vingt-trois ans (1715-1738), puis soldat, à des grades divers, dans l’armée du sultan Moulay Ismaël (1720-1736), a tout d’abord retenu l’intérêt par le portrait qui s’en dégage du Sultan, que Pellow a bien connu lui-même. Si la description que fait Pellow de l’anarchie qui a suivi la disparition de cet autocrate à la personnalité mythique suffisent à montrer le talent d’écriture qui était le sien, il est probable que le texte de sa Relation a également bénéficié d’autres interventions – peut-être celles d’écrivains de métier. L’inscription de l’œuvre de Pellow dans le genre du récit de captivité apparaît en effet dans une large mesure comme le résultat de l’intervention de son éditeur, les observations et les réflexions originales de l’auteur se combinant dans le texte avec les codes et les types imposés par l’attente du public.

La présente réédition, conduite par Denise Brahimi (Paris-VII) restitue à la lecture et à l’analyse littéraire le récit de Thomas Pellow, dans la traduction française qu’en avait proposé M. Morsy (dans La relation de T. Pellow. Une lecture du Maroc au XVIIIes, éds. « Recherches sur les civilisations », ADPF, 1983, épuisé), avec un appareil de notes et une introduction nouvelles.