Accueil / Publications / Hors collection / Théâtre barbaresque de Cervantès

Théâtre barbaresque de Cervantès

Comedias La Vie à Alger, Les Bagnes d’Alger, La grande Sultane Catalina d’Oviedo, Le Vaillant Espagnol.

Traduction française inédite, introduction et notes, par A. Duprat, A. Teulade, F. Madelpuech, Paris, Garnier Classiques (coll. Littératures étrangères), en préparation

2012
Cervantès

Les études dont le premier théâtre de Cervantès a fait l’objet depuis une trentaine d’années, en particulier sous la plume de Jean Canavaggio, ont fait justice de la réputation d’archaïsme et d’imperfection technique et artistique qui s’est longtemps attachée aux comedias sueltas des années 1580-1590, dont deux seulement (peut-être trois) nous sont parvenues, la Comedia llamada Trato de Argel, s.d.[v. 1583] et la Numancia (v.1583-1585). Loin de constituer une simple ébauche de traitement dramatique du thème de la captivité, le Trato de Argel, qui semble avoir été joué avec succès au moins jusqu’à ce que le règne de la comedia nueva marginalise les recherches formelles de Cervantès, témoigne d’une vision puissante de l’expérience algéroise encore toute récente de celui qui n’était pas encore l’auteur de Don Quichotte. Une vision qui se traduit dans un dispositif scénaristique particulièrement apte à en faire sentir au public le caractère de tragédie contemporaine.
A cette première pièce de captivité viendront se joindre les trois comedias à sujet barbaresques publiées en 1615 dans le recueil intitulé Ocho comedias nunca rapresentadas : Comedia famosa del Gallardo Español, la Comedia famosa de los Baños de Argel et la Comedia famosa intitulada La gran Sultana doña Catalina de Oviedo.

Il n'existe en français qu'une traduction ancienne, très libre, de deux de ces pièces (sous les titres respectifs de La vie à Alger et Les Bagnes d’Alger), parue en différentes livraisons dans la Revue Africaine au début du siècle dernier (1910-1912). La traduction préparée par l’équipe Orient/Occident constituera donc la première édition complète des comedias à sujet barbaresque de Cervantès. Son génie de dramaturge y a mis en scène dans toute leur violence, mais aussi dans toute leur complexité, les enjeux d’un affrontement pluri-séculaire entre Islam et Chrétienté, dont la modernité devait transformer définitivement les enjeux.